Nivèse

Née en Istrie (Croatie) en 1944, Nivèse est une figure incontournable du milieu artistique niçois. Ancienne assistante de César, elle est et restera la seule femme à avoir officiellement fait partie de la célèbre Ecole de Nice. Collages, assemblages, découpages, Nivèse travaille le bois, le métal et aime par-dessus tout jouer avec la lumière et les ombres. Elle travaillera aussi sur des thèmes d’actualité comme la maladie, le rapport au sexe et la radicalisation.

Nivèse part vivre en Belgique avec sa famille après la guerre et débarque à Nice en 1973. Son arrivée à Nice marqua un retour au soleil après les brumes du Nord qu’elle a plutôt mal vécu. Car en terre promise c’est un labeur plus dur que celui de la terre, un travail dans ses entrailles qui attend son père : « Il était paysan. Quand il a vu la mine, il a voulu repartir ». Aujourd’hui encore l’artiste se souvient de l’enfer du Borinage : « Enfant, j’allais le chercher. Je le revois encore remonter le visage maculé de suie dans une cage en fer. Une image qui m’a marquée ». On peut se demander si ses découpes de fer verticales, récurrentes dans son œuvre ne sont pas une résurgence de cette « jeunesse au noir ». Ainsi Nivèse plie bagages en 1973 pour le sud, pour y retrouver la lumière, « il fallait sortir de cette noirceur ».

Sous le soleil, les choses commencent à lui sourire. Nivèse intègre la Villa Arson comme élève libre et expose rapidement. A l’époque elle aimait mélanger le sacré et le profane comme ses ex-voto et ses collages. Mais parler de Nivèse c’est parler des hommes qui jalonnent son parcours. La jeune et séduisante plasticienne n’a pas le choix en pénétrant dans le saint des saints de la création niçoise. En 1974 César fait appel à elle en tant qu’assistante notamment sur ses compressions en argent qu’elle a réalisé chez Morabito.

L’École de Nice était lancée quand Nivèse investit la Baie des anges. Et si elle ne participa pas en 1977 à l’exposition " À propos de Nice " qui pend la crémaillère du Centre Pompidou (cela lui valut, dit-on, de voir ses œuvres décrochées du MAMAC), elle n’en demeure pas moins un de ces électrons libres qui nourrirent l’émancipation de cette nouvelle vague. Combien de clichés la montrent aux côtés d’Arman, César, de Raymond Hains, Venet, Ben. Ainsi Nivèse fut bien la part féminine de cette École de Nice, comme l’explique dans son livre éponyme France Delville.

Nivèse, dont le nom signifie « neige », a le don de la légèreté et de la profondeur tellurique qui ébranle la cuirasse, elle met à jour les leurres de la surface plane. Et le hasard n’a pas de prise : « Il y a un vrai travail préparatoire fait de pliages et de calculs, déjà enfant j’étais douée pour les mathématiques ». C’est peut-être pour ce talent d’accoucheuse du réel que l’Asie s’est entichée de son œuvre. Elle y expose souvent, « plus souvent qu’à Nice » depuis qu’un coréen entra par hasard dans son atelier. « En 1999 j’ai été invitée à Pusan en Corée pour un symposium. J’y ai installé une pyramide où un personnage pousse le côté rouge qui symbolise l’interdit. Quand j’ai fais mon discours j’ai insisté sur l’importance de la démocratie. Ils furent nombreux à venir pousser à leur tour à ses cotés ».

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Nivèse, la nomade aux trois nationalités (croate, belge et française) raconte aux travers de ses œuvres douées de légèreté, ses frayeurs, nos peurs, ses joies, notre présent. A découvrir chez Authentic Nice Gallery.

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